lundi 14 octobre 2019
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Alix Ragot peut envisager l'avenir sereinement (photo: Cécile Cabre)

Alix Ragot: « Thais de Pégase m’offre le haut niveau »

Il n’a pas encore 30 ans et pourtant en peu de temps, Alix Ragot s’est fait une place dans les sports équestres. Sans nul doute grâce à Thais de Pégase, son fils de Calvaro, âgé de 10 ans, qui lui offre les joies du haut niveau. Dans les écuries installées sur le domaine familial, où les chevaux côtoient les montgolfières, où prendre de la hauteur pourrait être l’un des leitmotiv, Alix veut pérenniser ce qui n’était au départ qu’une passion. Et si vous arrivez avec un paquet de bonbons, ne le laissez pas traîner, il n’en resterait pas. Rencontre avec Alix Ragot, les pieds sur terre et le regard tourné vers l’avenir.

Horse-Actu : Comment es-tu arrivé à l’équitation ?

Alix Ragot : J’étais tout jeune et mon père m’a acheté un poney. Nous ne sommes pas une famille de cavaliers, mais j’ai toujours été passionné par les chevaux depuis ma plus tendre enfance. J’ai monté en compétition sur le tard, je devais avoir 18 ans.

H.A : Tu as commencé par monter en club ?

A.R : Ah non pas du tout, j’ai du monter deux ans dans une structure. J’ai monté mon shetland à la maison, et j’ai passé mes galops après pour faire de la compétition. Adolescent, j’ai vécu une autre adolescence, pas de concours, j’étais passionné, je regardais et lisais beaucoup de magazines, mais c’est tout. Je n’aimais pas trop l’école, et j’ai dit à mes parents ‘je veux être cavalier’. Ils ont été un peu réticents, mais voilà j’ai pu le faire.

H.A : Une école de cavaliers ?

A.R : Non un BEPA activités hippiques – entraînement du jeune cheval à Laval, et puis après je suis parti à moitié chez d’Oriola, et à moitié chez moi pour mon apprentissage. J’ai fini de me former chez Guillaume Blin Lebreton et Axel Van Colen, avec qui je suis devenu très ami. Mon père aimait les chevaux depuis le départ, il a eu des chevaux au fur et à mesure, il a construit des boxes, il m’a donné les bases de l’équitation, du travail des chevaux et du travail autour du cheval.

H.A : Comment tes parents ont-ils pris ta décision de monter à cheval ?

A.R : Pour ma mère ce n’était pas forcément ce qu’il y avait de mieux. Mon père lui disait de toute façon il ne fout rien à l’école donc autant qu’il fasse quelques choses qu’il aime (rires).

H.A : Tu as commencé avec tes propres chevaux ?

A.R : En fait mon père en récupérant les chevaux a surtout eu « les repris de justice », les chevaux que personne ne voulait. J’ai commencé par ceux-là, et moi j’adorais ça. Mon père est un amateur, il veut bien sauter une croix dans la carrière, faire de la balade, mais pas plus, alors que moi je voulais bien plus.

H.A : Aujourd’hui les choses ont changé ?

A.R : Les choses ont bien changé, nous avons construit une écurie à la maison avec 25 boxes, une carrière, un manège. La société de mon père est aussi ici, ce qui permet d’avoir une activité en permanence. Et puis ça permet qu’il m’aide dans les tâches administratives. Nous avons aussi l’élevage en commun. Il a fait naître un poulain, puis un autre, et puis c’est lui qui a débuté l’activité, c’est important qu’il soit là.

H.A : Ton cheval de grand prix est justement un cheval né chez toi ?

A.R : Sans Thais de Pégase aujourd’hui je ne serais pas là où j’en suis, je ne pense pas. Aujourd’hui j’ai aussi Riale d’Armenonville, qui est née à une minute de la maison. C’est une belle histoire aussi, car j’ai sympathisé avec la propriétaire de Riale qui me l’a confiée et qui aujourd’hui vient très bien compléter Thais.

H.A : Comment vois-tu la saison et l’avenir ?

A.R : Thais est légèrement blessé, donc pour le moment il faut prendre le temps. Du côté des jeunes chevaux j’ai 11 jeunes à sortir, avec un piquet d’un propriétaire qui a neuf chevaux à la maison issus de son élevage. Je les monte depuis qu’ils ont 4 ans. La saison a très bien commencé cette année. Avec la blessure de Thais, il faut patienter, car les autres chevaux sont un peu verts sur ce type d’épreuve. On se test pour le moment, et avec le retour de Thais ce sera plus facile.

H.A : Le Grand National avec Mélanie ?

A.R : Dès mon début dans le Grand National il faut avouer que cela m’a permis d’aller sauter une coupe des nations (à Drammen, où il prend la 3°place du GP, ndlr). Cela ouvre beaucoup de portes, et cela me permet de tester beaucoup de chevaux dans les grands prix, et d’évoluer avec.

H.A : Quel est ton modèle économique ?

A.R : Aujourd’hui il y a mon père donc, et aux écuries il y a moi, un groom, une cavalière et une groom maison. Pour évoluer encore mieux il me faudrait quelqu’un pour sortir les jeunes chevaux en compétition et que je puisse me consacrer aux grosses épreuves, mais pour le moment je ne peux pas. Aujourd’hui je pars quasiment toutes les semaines en jeunes chevaux plus le week-end avec les vieux.

H.A : Comment vois-tu ton avenir ?

A.R : Je rêve forcément de haut niveau, comme beaucoup d’ailleurs. J’espère pouvoir y accéder, mais il ne faut y aller qu’une seule fois, il faut pouvoir perdurer, c’est ce qui est le plus important. Aujourd’hui on a fait le choix de garder Thais, malgré les propositions. Il faut donc réussir à y aller. Maintenant comme beaucoup de cavaliers quand on se lève on pense à l’équipe de France. Les places sont chères, il y a énormément de monde et de concurrence. Ce n’est pas facile.

^^ Portrait chinois 

Des hobbies ? Je fais de la Montgolfière. J’adore cela et c’est plus facile, car elle est à la maison. La société est à papa depuis 35 ans, et mon frère est en train de la récupérer. C’est un moyen de parler d’autres choses, de voir d’autres personnes.

Fan de séries TV ? Je ne peux pas m’endormir sans la télé, je ne sais pas faire. C’est impressionnant même en concours si la télé ne marche pas je mets un DVD.

Tu aimes conduire ? J’adore ça, je fais beaucoup de route tout seul, je suis insomniaque donc ça ne me dérange pas du tout.

Alix et les sucreries ? Oh les bonbons s’il y en a, faut pas laisser le paquet traîner ! Je n’irais pas en acheter exprès, mais c’est vrai que je peux finir une boîte.

Le rêve d’Alix ? Que tout soit fini à l’écurie et que financièrement on s’en sorte bien. Travailler dans la sérénité au quotidien, avec des résultats ce serait top.

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