lundi 18 novembre 2019
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Elisa Mellec et Sandokhan Rumel, un duo complice (photo: Damien Kilani / DK Prod)

Élisa Mellec: « Gravir les échelons avec mes propres chevaux »

Elle n’était pas encore née alors que son père, Patrick, faisait l’acquisition de l’école d’équitation de la Lisière, à Rambouillet. A 16 ans, la jeune amazone a déjà brillé sous les couleurs de l’équipe de France, et vient ce week-end de remporter le grand prix 1,40m du Grand National de Cluny. Entre chevaux, et … chevaux, la jeune amazone y glisse ses études qu’elle aimerait poursuivre en section S. Rencontre.

Horse-Actu : Comment es-tu venue à l’équitation ?

Élisa Mellec : Mon père est dans le monde équestre depuis son plus jeune âge. Il a commencé par le dressage, avant de se tourner alors qu’il avait une trentaine d’années vers le CSO, où il était instructeur. Maman montait aussi en amateur, c’est d’ailleurs dans ce milieu qu’ils se sont rencontrés. Moi, je monte à cheval depuis que je suis toute petite, j’ai commencé j’avais deux ans.

H.A : As-tu toujours été attirée par la compétition ?

E.M : La compétition c’est vraiment mon truc depuis que je suis toute petite, j’adore beaucoup les défis. Dès ma naissance, mes parents qui avaient conscience qu’ils ne pourraient pas m’acheter des chevaux de grand prix ont créé l’élevage de Rumel. Cela a permis de produire les chevaux que je monte aujourd’hui. J’ai commencé à poney, fait mes premiers championnats de France à 6 ans, et remporté ma première médaille à Lamotte à 8 ans avec Joe.

H.A : Tu as été membre de l’équipe de France ?

E.M : J’ai commencé par les children à 12 ans, déjà avec Renarde. C’étaient mes premières compétitions internationales. J’ai intégré l’équipe de France d’Olivier Bost à ce moment-là, et je suis partie aux championnats d’Europe l’année suivante en Italie où je suis médaillée de Bronze.

H.A : Renarde t’a permis d’évoluer ?

E.M : On va dire que Renarde et moi on a grandi ensemble. C’est aujourd’hui la plus vieille jument que je monte. J’ai fait des clubs 4 avec. On a évolué en amateur avant d’arriver sur les épreuves pro comme ce week-end à Cluny. On se connait par cœur, on a confiance l’une envers l’autre.

H.A : Tes objectifs pour 2017 ?

E.M : Je ne sais pas si j’irai aux championnats d’Europe, je n’ai pas forcément les chevaux pour. Renarde est extraordinaire, mais je ne sais pas comment elle pourrait être sur un championnat. Je serais ravie d’être dans l’équipe que choisira Olivier, mais nous allons déjà nous tester sur les championnats de France. Après mes objectifs sont aussi de faire évoluer mes jeunes chevaux. Aujourd’hui j’ai 17 chevaux au travail, dont une dizaine de jeunes, donc j’aimerais qu’ils soient prêts. Et puis la relève de Renarde arrive avec Azur, une bonne jument de 7 ans qui fait déjà 135 très bien.

H.A : Comment se passe ta scolarité ?

E.M : Je suis au lycée en seconde, j’aimerais pouvoir aller en S l’année prochaine et pouvoir continuer mes études. J’alterne entre les compétitions et les cours. Je récupère mes cours et j’essaye d’être sérieuse à l’école ce qui me permet de pouvoir partir sereinement. Je verrais après mon Bac dans deux ans.

H.A : Les chevaux et ta vie de jeune fille ?

E.M : Je ne fais rien d’autre, c’est vrai. Aujourd’hui (mardi), j’étais en compétition, et lorsque je suis rentrée j’ai monté les chevaux qui n’avaient pas travaillé. Ce n’est donc pas simple de se donner du temps pour autre chose. Je ne sors pas.

H.A : Ton papa est très présent ?

E.M : Il est capable de me comprendre avant même que je sorte de piste. Il sait ce que je ressens, parfois cela peut créer des tensions, mais cela se passe globalement bien (il la regarde en souriant, ndlr). La présence de ma famille proche est importante, le soutien, la présence, l’aide constante sont importants. Même maman a un regard qui m’entoure, j’ai cette chance de les avoir derrière moi.

H.A : Cette saison tu es aux côtés de Mathieu Billot. Quelle est la nature de vos échanges ?

E.M : Cela remonte à l’an passé, j’ai recherché une équipe pour le grand national et grâce à Marwan Lahoud, j’ai pu intégrer celle de Jérôme Hurel. Au fil du temps, nous avons échangé avec Mathieu, et comme nous sommes du même coin nous avons envisagé l’équipe de cette saison. Nous faisons le plus souvent nos reconnaissances ensemble de façon à avoir son avis, ce qu’il peut me proposer pour faire évoluer les chevaux, ensuite on débriefe à la fin du parcours. Et puis regarder monter Mathieu est de nature très bénéfique.

H.A : As-tu pratiqué d’autres sports ?

E.M : J’ai fait un peu de natation, j’ai fait du vélo avec mon père, mais véritablement l’équitation est le seul sport que je pratique. J’aime beaucoup la vitesse, les sensations fortes et l’équitation m’offre cela.

Portrait chinois

Élisa un gâteau ? Je n’en mange pas beaucoup en fait, mais sinon les tartes aux fraises.

Une série télé ? Je ne suis pas série, plutôt musique, lecture.

Ton livre du moment ? Je les dévore, souvent des romans fantastiques. Je peux en lire un dans la journée, comme pour aller à Cluny où il y a 6 heures de route.

Tes rêves ? Je veux forcément atteindre le haut niveau, mais surtout je veux pouvoir continuer l’élevage de mes parents. Je ne veux pas me retrouver à pied parce que je n’ai plus de propriétaire. Élever mes chevaux est une assurance pour l’avenir et pour perdurer.

Propos recueillis par Damien Kilani.

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