jeudi 23 janvier 2020
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GP Longines de la Ville de La Baule : Guerdat à l’heure pour le sacre

Après la contre-performance de Nino des Buissonnets dans la Coupe des Nations vendredi, il était difficile de donner un pronostic sur la forme du fils de Kannan. Son talent n’a d’égal que son caractère bien trempé, ce qui le rend justement exceptionnel. Le scénario tissé au fil des passages pouvait peut-être donner une idée de l’issue de cette ultime épreuve 5 étoiles.

Un barrage long à se dessiner, composé de vieux briscards et de jeunes loups aux dents longues, et, pour finir, le must en matière équestre depuis les derniers JO : Steve Guerdat / Nino des Buissonnets. Non que le couple soit le plus régulier, mais force est de constater que chaque fois (ou presque) qu’il se retrouve dans une échéance de premier ordre, le duo se transcende.

Le parcours dessiné par Frédéric Cottier comportait 13 obstacles, dont un double situé en n°3 et le triple Longines en n°9 (oxer / oxer / vertical). Ce dernier constitua l’une des difficultés du parcours, tout autant que la courbe menant du 5 au 6 à main gauche (le n°6, un vertical rouge et noir imposant). Beaucoup sortirent à 4 points (dont les français Pénélope Leprevost / Nice Stephanie et surtout le nordiste Nicolas Delmotte, toujours aussi convaincant sur Number One d’Iso*Un Prince). Meilleur suisse vendredi dans la Coupe, Paul Estermann abandonna avec Eclipse, tandis que le vainqueur 2014, Eric Lamaze, dut s’y résoudre aussi avec Coco Bongo (vu cet hiver sur le Winter Equestrian Festival). Joe Clee (GBR) et René Lopez (COL) furent privés de barrage pour 1 point de temps dépassé.

Le dernier sera le premier

Tous les cavaliers rêvent de se présenter en piste comme dernier de la liste de départ. Mais certains savent aussi tenter leur chance lorsqu’ils ouvrent le bal. Manuel Fernandez Saro (ESP) a joué et cela faillit payer puisqu’il ouvrit le barrage avec un parcours sans faute associé au cheval de l’argentin Jose Larocca, Eliot DWS. Au chapitre des satisfactions côté français, les observateurs avisés ont noté, outre les 4 représentants tricolores, la présence du jeune espoir Alexandre Fontanelle. Une petite faute le classe 6e, meilleur français de ce Grand Prix, une performance qui valide sa sélection dans les plus beaux 5 étoiles. Depuis le départ de Clowney, Marlon Modolo Zanotelli (BRA) cherchait une relève. Rock’n Roll Semilly, l’ex crack de Florian Angot, toujours propriété de Richard Levallois,  semble répondre aux attentes du brésilien. Plus sport, plus réactif, le puissant bai s’est emparé de la tête avec 3 secondes de moins que Saro. Si Michael Whitaker (GBR) a montré qu’il était toujours fan de vitesse, il a visiblement trouvé son maître en la personne du jeune Bertram Allen. Vainqueur de trois épreuves ce week-end (dont le derby), toujours avec son alezan Romanov, il a survolé ce barrage avec une facilité déconcertante. Normal aurait-on envie de dire… ! Très attendus par leur public Patrice Delaveau et Kevin Staut ont déchanté, crédités respectivement d’une et deux fautes.

Les derniers espoirs des Bleus reposaient sur Aymeric de Ponnat. Mais comme une malédiction, Armitages Boy trébucha, envoyant son cavalier au sol. L’espace d’un instant, le public crut à une grave blessure, le cheval étant immobilisé. Heureusement, celui-ci put rejoindre le paddock au pas. Des examens approfondis permettront sans doute d’en savoir plus. Ces quelques instants de stress faillirent occulter l’entrée en piste du Champion Olympique en titre. Steve Guerdat possède une force indispensable aux grands champions : savoir rester impassible dans les grands moments, concentré, focalisé sur un objectif. La grande foulée de Nino des Buissonnets fit le reste. Sans même forcer le talent du fils de Kannan, le jurassien s’est imposé. Et comme pour illustrer cet état d’extrême concentration, Steve, pour une fois, s’est lâché, brandissant un poing rageur face au public, le sourire jusqu’aux oreilles. A La Baule ce dimanche, sous le soleil, nous avons eu droit à du beau et grand sport, porté par un public toujours aussi nombreux et enthousiaste, et un duo de speakers (Yannick Bichon et Alison Drummond, les voix d’Equita’ Lyon, entre autres) qui a su reprendre le flambeau laissé vacant par l’éternel André-Jacques Legoupil.

Patrice Delaveau, meilleur cavalier français

L’issue du classement du meilleur cavalier était connue d’avance. Avec trois victoires et une 2e place dans le Grand Prix Longines, Bertram Allen (IRL) est reparti avec un énième trophée baulois. Côté français, c’est Patrice Delaveau qui a été récompensé comme meilleur représentant tricolore (10e du Prix Generali vendredi, 4e du Derby, 1er du Prix RMC et donc 7e du Grand Prix). Orient Express*HDC a été élu meilleur cheval français du concours, un trophée sponsorisé par la Société Hippique Française.

A La Baule, xavier Boudon

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