jeudi 21 novembre 2019
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Grégory Wathelet (BEL) en pleine reconstruction pour la saison 2017 (© Gilles Alleaume)
Grégory Wathelet (BEL) en pleine reconstruction pour la saison 2017 (© Gilles Alleaume)

Grégory Wathelet : « Me battre avec les meilleurs »

L’actuel 25ème cavalier mondial – 2e belge derrière Olivier Philippaerts, 21e – Grégory Wathelet poursuit sa reconstruction. Désormais installé dans ses propres écuries depuis seulement quelques mois – situées à Clavier en Wallonie, la ferme de ses grands-parents -, il ambitionne de bâtir un piquet de chevaux afin d’évoluer durablement à très haut niveau. De retour d’une courte tournée à Vilamoura (Portugal), il fait le point pour Horse-Actu.fr sur sa carrière.

Où en êtes-vous dans votre carrière ?

« Il y a plusieurs parties dans mon écurie. J’ai la chance d’avoir quelques personnes autour de moi qui veulent se concentrer sur le sport, ce qui ne m’est pas souvent arrivé dans le passé. Pour faire du sport de haut niveau, on a beau être aussi bon et professionnel qu’on veut, si on n’a pas la machine en-dessous, on n’a aucune chance. Aujourd’hui, si je veux continuer le haut niveau, je dois avoir d’autres activités à côté, car je n’ai pas les moyens de financer autrement ma structure sportive. J’ai construit une nouvelle écurie où je suis installé depuis 6 mois. J’ai souvent fonctionné par étape dans ma carrière, en fonction des possibilités. J’ai aujourd’hui des gens plus solides derrière moi capables de dire ‘maintenant on garde le cheval, on n’a pas besoin de vendre’. Je veux profiter de ça pour prendre plus de risques et oser dire ‘on ne vend pas’. Parfois, c’est de la folie. Nous avons des chevaux de qualité et nous recevons des offres…c’est un peu de la folie. Mais voilà, je veux me faire un piquet de chevaux intéressants, 3-4 chevaux de grand prix pour, pour une fois, essayer de me dire que je peux me battre avec les meilleurs régulièrement. Jusqu’à présent, c’était par à-coups. »

Vous avez eu tout de même quelques très bons chevaux ?

« J’ai eu des chevaux exceptionnels. Souvent j’en profitais 6 mois – 1 an voire comme Conrad, deux ans puis ils étaient vendus. Tu les construis pendant trois ans et tu en profites 2 ans. Maintenant, je voudrais faire l’inverse : les construire pendant 2-3 ans et en profiter 6. D’abord parce que cela m’éviterait de devoir en construire autant. Je continuerai à en former car c’est inévitable, un cheval peut se blesser, être vendu et ils ne sont pas éternels. »

Comment se compose votre piquet aujourd’hui ?

« La base de mon piquet repose sur Corée, ma jument grise. Elle a déjà fait de bonnes choses et je veux surtout qu’elle soit au top l’année prochaine. Elle sera à maturité et aura pris de l’expérience. Derrière, j’ai trois fantastiques 8 ans qui, sauf offre exceptionnelle ou autre, ne sont pas du tout à vendre. Mon piquet tourne autour de ça. A côté, j’ai des chevaux comme Eldorado ou Quasi Modo Z qui peuvent les épauler. Si tout reste comme ça, j’ai un piquet qui peut tenir la route pour l’année prochaine. J’ai envie en tout cas de me baser là-dessus pour effectuer une belle saison 2017. »

Malgré un piquet en dents de scie, vous figurez toujours parmi les meilleurs mondiaux. Comment faîtes-vous ?

« Je suis moi-même étonné d’être resté dans le top 10 si longtemps voire même encore maintenant dans le top 30 car je n’ai pas obtenu beaucoup de résultats cette année. Mais je n’avais pas de piquet assez solide pour y rester. Je pourrai ne pas y rester malgré un piquet plus solide, c’est le sport. Mais je veux me battre. Je vois bien, quand Corée, Conrad à l’époque ou Eldorado est en forme sur un concours, tu peux te battre avec les meilleurs, sinon, parfois avec beaucoup plus de chevaux, tu cours derrière. C’est pour cela que je prends un peu de temps pour former mes 8 ans. »

Quel programme suivez-vous justement pour les préparer ?

« J’étais deux semaines à Vilamoura, la semaine prochaine, je ne vais pas à Helsinki et je fais un 2 étoiles. Après Lyon et Liège, je participerai à deux petits concours. Je veux que mes chevaux prennent de l’expérience afin de passer un cap, épauler les autres et devenir cheval de tête dans certains gros concours. Cela prend un peu de temps et condamne de gros concours, mais cela tombe bien car j’ai un peu moins de chevaux prêts et je ne peux pas tout le temps miser sur Corée. Après, la réalité du terrain dira si j’avais vu juste ou pas. »

Vous ne vous fixez donc aucune échéance particulière dans les prochains mois ?

« Bien sûr je vais essayer de faire quelques coupes du monde sans aucune pression de devoir me qualifier. Si je réussis, tant mieux, ce serait pour Corée. Je vais disputer Lyon, Madrid et Malines, ensuite j’irai en Suisse en début d’année. Si je ne suis pas du tout dans le coup, je continuerai la formation de mes 8 ans. Le problème, c’est qu’il y a tellement d’échéances ! Les coupes des nations, les championnats d’Europe, le GCT…il faut un piquet tellement fort et bon. Je veux vraiment construire mon piquet et ne pas descendre trop loin au classement mondial car c’est quand même grâce à ça qu’on a des entrées dans certains concours. Lorsque tu es trop loin, cela te met en difficultés. C’est la seule chose qui me motive car sinon je n’apporte aucune importance au ranking. »

En quoi vos nouveaux propriétaires changent-ils la donne ?

« Quand on sait qu’on a des chevaux que l’on garde un peu, on a moins de pression, on est dans une autre optique. Je prends l’exemple de Corée. Certains qui ne croyaient pas trop en elle finalement la demandent, mais je sais qu’elle ne sera pas essayée. Cela change quand même les choses. Souvent dans le passé, quand j’avais un cheval qui enchaînait 2-3 bonnes perfs, le lendemain il y a trois personnes qui appelaient le propriétaire pour essayer le cheval. Cela fait partie du jeu mais avec ces chevaux-ci, ce sera moins le cas. J’aurai en tout cas plus de soutien. »

Vous seriez éventuellement à la recherche d’un cheval afin d’investir avec vos propriétaires ?

« On cherche tout le temps. Je n’achète jamais vraiment de vieux chevaux car c’est quasi impossible à trouver, ou alors ce sont des chevaux pas assez bons pour les autres. Il n’est pas question de faire des folies, de mettre des millions pour un cheval. Il est sûr que, aujourd’hui, même un jeune cheval coûte de l’argent. Il faut donc déjà oser investir dans de jeunes chevaux de 5-6 ans auxquels on croit. Nous en avons dans le piquet qu’il faut construire. Pour cela, j’ai un cavalier formidable qui réalise un travail génial. Il reste d’ailleurs à Vilamoura pour sortir mes chevaux. Ils continuent comme ça à rester dans le rythme. C’est de plus en plus compliqué d’en trouver des bons, on prend de plus en plus de risques, et il y a de plus en plus de temps d’attente. J’ai deux 5 ans et deux 6 ans vraiment bien…après feront-ils du haut niveau, Dieu seul le sait ! »

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