vendredi 22 novembre 2019
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JEM 2014 : Interview de Pénélope Leprevost

A 34 ans, la cavalière normande Pénélope Leprevost, participe à ses deuxièmes Jeux Equestres Mondiaux. La meilleure amazone du monde s’est livrée dans une interview à mi-parcours de la plus grosse échéance cheval. 

Horse Actu : Pourquoi avoir pris Flora ?

Pénélope Leprevost : «Normalement le plan n’était pas de prendre Flora, c’était de monter Dame Blanche, qui commençait vraiment bien la saison, elle  avait fait double sans-faute à La Baule super bien, mais elle s’est blessée juste après. Le plan B c’était Flora si tout allait bien et elle a été formidable toute l’année. On a fait vraiment light quand on a décidé de l’envoyer ici, c’est-à-dire qu’on a essayé de ne pas la faire trop sauter parce qu’elle n’a que neuf ans, c’était vraiment notre souci. Elle était un peu timide les deux premiers jours mais elle est tellement qualiteuse, elle a un truc spécial cette jument, elle ne veut pas toucher les obstacles, vraiment pour elle c’est une religion. Bon, elle a du caractère et elle n’est pas tout à fait au point mais c’est vraiment un phénomène.»

HA :C’est une révélation cette jument, surtout dans un championnat, qui est long dans le temps et dans le niveau d’épreuve.

PL : «Moi, son talent, je n’en doutais pas du tout, effectivement, en revanche, le fait qu’elle n’ait que neuf ans, est-ce qu’elle va savoir gérer la pression ? Nous, on ne se connait pas beaucoup, on n’a pas fait vraiment beaucoup d’épreuves à haut niveau toutes les deux. Quand on voit les autres couples qui sont devant nous, ce sont des couples qui ont beaucoup d’expérience. Oui, je crois que ce qui fait la différence, c’est son talent.»

HA : Comment abordez-vous demain cette finale à 30 ? 

PL : «Pour moi, le but c’était vraiment une médaille par équipe et, maintenant que c’est fait, et bien ce n’est que du bonus ce qu’il se passera demain.»

HA : Et cette médaille par équipe ? Il y a quatre ans elle était déjà en argent, aujourd’hui en argent avec pleins de rebondissements tout le long de l’épreuve.

PL : «Oui, c’est vrai que c’était très fort en émotions, le public était vraiment sensationnel, je crois vraiment qu’il faut souligner ça, il y avait une ambiance, une atmosphère incroyable dans ce stade, surtout pour nous, les cavaliers français. Mais, je pense que même les cavaliers étrangers étaient vraiment contents d’être reçus comme ça.»

HA : Ce stade de Caen est vraiment unique. on en a pas comme ça en France, de stade fermé. Il y a bien La Baule mais c’est ouvert, est-ce que ça représente une pression particulière, étant en plus normande, d’être chez vous ?

PL : «Je trouve que le stade est vraiment chouette, ça donne un côté chaleureux. Même quand il n’y a pas énormément de monde, ça fait du bruit, les chevaux sont vraiment bien concentrés. Parfois aussi, quand il y a vraiment du monde partout avec de l’engouement comme depuis le début de la semaine, je pense aussi que ça en impressionne quelques-uns, mais je trouve qu’au niveau émotion, il n’y a rien de mieux qu’un stade. Effectivement il y a de la pression, mais un championnat c’est toujours de la pression.»

HA : L’organisation a été critiquée sur pleins de choses mais, sportivement, ça a l’air exceptionnel, qu’en pensez-vous de votre point de vue de cavalière ? 

PL : «De notre côté à nous, pour les chevaux il n’y a rien à dire. Le sol était très bon, les pistes étaient super, bien construites par Frédéric Cottier, des obstacles magnifiques, somptueux, de notre côté c’est vraiment une réussite.»

HA : Aujourd’hui vous êtes la meilleure amazone du monde, est-ce que ça procure une pression supplémentaire ?

PL : «Non, ça fait maintenant quelques mois que je suis meilleure cavalière au monde, j’ai profité de la blessure de Beezie Madden. Bon, voilà, quand je serai vieille, je pourrais raconter que j’ai été la meilleure cavalière au monde. (rires)»

HA: Est-ce que cette journée d’après médaille est dure moralement ? Avec toutes ces retombées, ce qui aurait dû être une journée de repos n’en est finalement plus une…

PL : «En tout cas, pour moi qui habite à côté, je suis un peu fatiguée. Hier on a fait la fête, c’était génial, nous nous sommes bien éclatés. Nous avons vraiment été sollicités et nous avons beaucoup donné à nos supporters. Pour ma part, ce matin, je suis venue monter tôt aux écuries, Flora, qui était vraiment bien, j’ai pris mon temps et je suis retournée chez moi monter quatre chevaux. J’ai deux chevaux qui partent cet après-midi à Calgary, donc je voulais les faire sauter un petit peu avant qu’ils montent dans l’avion parce que je ne les retrouve que mardi prochain car nous prenons l’avion lundi après-midi. Mais c’est vrai que je commence à avoir un petit coup de mou.» 

Damien Kilani & Jaufret Fouquer

En partenariat avec Le Télégramme.

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