vendredi 15 décembre 2017
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Soukaina Ouaddar marche dans les traces de son célèbre papa (photo: Xavier Boudon)

Soukaina Ouaddar: « Nous sommes une grande famille »

A 20 ans tout juste, Soukaina affiche déjà plusieurs saisons à haut niveau. Fille unique du chouchou du public Abdelkebir Ouaddar et de Noelle, chef de piste international (LIRE ICI), la jolie brune parvient à mener de front études universitaires et compétition. Rencontre avec la nouvelle génération !

Est-ce difficile de porter ton nom ?

Soukaina Ouaddar: On me pose tout le temps la question (rires). Cela m’ouvre quelques portes à vrai dire. J’ai beaucoup appris avec papa, mais je ne monte pas avec lui. Je monte avec mon coach Farid Amanzar. Au fil du temps avec papa, on s’accrochait un peu donc je suis partie chez Farid, un ancien élève de papa, ils ont la même méthode. Non m’appeler Ouaddar ne me met pas de pression. Après, quand il rentre de France pour me voir en concours, j’ai un peu la pression…mais c’est pour bien faire.

Justement, il est dur avec toi ?

Soukaina Ouaddar: Non pas du tout, au contraire nous avons une relations plutôt sympa. Il veut à chaque fois me pousser, il me dit ‘je vais te gagner’ ou ‘tu vas me battre’, c’est un jeu.

Tu atteins presque aujourd’hui son niveau, à quel moment tu t’es dit que ça allait être possible ?

Soukaina Ouaddar: Quand j’ai eu mon bac. J’avais l’opportunité soit de partir aux Etats-Unis faire mes études, soit de rester au Maroc et continuer à monter à cheval. J’ai décidé de rester ici et aller dans une université américaine. Depuis mes 18 ans, je dispute des grands prix 1,45m.

Tu as donc décidé d’en faire ton métier ?

Soukaina Ouaddar: Oui, mais comme le dit papa, les études passent avant. Une fois que j’aurai mon diplôme, je ferai ce que je voudrai de ma vie, m’affirmer comme cavalière professionnelle.

Tu étudies quoi ?

Soukaina Ouaddar: La communication, histoire de te suivre tout le temps sur les concours (rires). Certaines personnes disent que je suis timide mais j’adore les gens, les rencontres. J’aimerais aider la fédération marocaine à développer le sport ici.

Trouves-tu que les sports équestres ont changé au Maroc ?

Soukaina Ouaddar: Comme maman te l’a sûrement dit (LIRE ICI), nous avons connu une vraie évolution. Cela permet aux cavaliers d’acheter plusieurs chevaux et pas un seul, chacun a son piquet, minimum deux chevaux par compétition. Cela encourage le sport. Maintenant, il y a des 1,45m où nous sommes 4-5 jeunes de mon âge à tourner. Avant, on ne voyait jamais ça.

Penses-tu que Kebir a montré la voie ?

Soukaina Ouaddar: Je pense oui. Il nous a prouvé que le Maroc pouvait aller de l’avant, ça nous donne envie de faire pareil.

Toi qui a voyagé notamment en Europe avec ton père, sens-tu que les marocains ont une approche différente du sport ?

Soukaina Ouaddar: Globalement, c’est la même chose. Ici c’est juste plus familial. Nous allons tous, tous les week-ends, sur les mêmes concours. Il n’y a jamais deux concours au même moment, nous sommes toujours regroupés en une même famille, tout le monde connait tout le monde. On a hâte de se retrouver chaque week-end, on dort dans les mêmes hôtels, nous sommes liés. C’est la culture marocaine.

Est-ce que c’est facile pour une femme marocaine de percer dans ce milieu ?

Soukaina Ouaddar: En grand prix, nous sommes seulement deux avec Lamia Laraqui, Leina étant installée en France. Toue l’année, nous tournons ensemble, c’est ma copine de grand prix même si elle monte depuis plus longtemps que moi. Je préfère qu’elle soit là sinon je me retrouve seule avec les hommes (rires).

Comment les hommes perçoivent ta présence ? Es-tu juste « la fille de » ?

Soukaina Ouaddar: Cela arrive oui. Vu mes derniers classements, comme il y a deux semaines ici où je me classe 2e du grand prix national alors qu’il n’y avait que trois sans faute…en fait ils ne me voient pas arriver. Ils pensent que je suis la fille de Kebir, ils ne se méfient pas de moi. Quand je fais un sans faute comme ça, ils se disent ‘ah on ne l’a pas vue venir’.

Comment es-tu organisée au niveau de ton écurie ?

Soukaina Ouaddar: Mes chevaux se trouvent à Rabat, où vivent mes parents, mon coach. Et moi, je suis à 2h30 de là-bas, dans la montagne, à l’université américaine d’Ifrane. C’est un trou perdu, même pas l’autoroute (rires). C’est une très belle ville, la 2e ville la plus propre au monde, la petite ville suisse, avec la neige, les montagnes. Il n’y a pas d’écurie, rien. Toute la semaine, je m’entraîne en salle. Ensuite, mon école m’autorise à partir le week-end en concours. Mais du coup, je concentre mes cours entre lundi et jeudi. Il me reste un an à faire pour obtenir mon bachelor. Ensuite je pense lever le pied un ou deux ans, interrompre mes études pour travailler avant peut-être de reprendre en master. Pour l’instant j’ai deux chevaux, Reading de Sienne, un fils de Flipper avec qui je disputer les 1,45m, et Silvio Z, mon cheval de coeur que mon coach m’a offert il y a 7 ans.

Et pourquoi pas viser un grand championnat…?

Soukaina Ouaddar: Pourquoi pas ? Leina nous a représenté aux JEM 2014, alors pourquoi pas moi. Inschallah comme on dit !

Et y aller avec papa ?

Soukaina Ouaddar: Alors je dois me dépêcher ! (rires) Vu que les JEM sont tous les 4 ans, il y a peu d’occasions.

 

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