samedi 19 octobre 2019
Accueil / Saut d'obstacles / Victoria Tachet: « Je vise les jeunes cavaliers »
tachet
Victoria Tachet (à droite) bénéficie de l'expérience de Pénélope Leprévost (photo: Xavier Boudon)

Victoria Tachet: « Je vise les jeunes cavaliers »

Elle vient tout juste de fêter ses 18 ans et pourtant, elle appartient déjà à cette poignée de jeunes cavalières se consacrant entièrement à l’équitation. Issue d’une famille davantage tournée vers les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, Victoria a choisi – pour l’instant – de s’adonner à sa passion. Souriante, posée, elle est désormais coachée par Pénélope Leprévost. La malouine nous raconte son parcours, nous parle du poney de sa vie, et aborde son avenir…sans stress !

Horse-Actu.fr: Comment es-tu installée aujourd’hui ?

Victoria Tachet: Je suis actuellement au Haras de la Chesnaye, près de Deauville. J’ai 6 chevaux, auxquels s’ajoute un septième basé chez Pénélope. Deux grooms m’aident, un à la maison, un autre en concours, et évidemment mon père qui est toujours là, le sponsor et le boss. Tout ça s’organise bien. Je m’entraîne avec Pénélope depuis un an. Mes chevaux progressent, un 8 ans, un 9 ans, et des plus vieux, vers un objectif qui est d’abord les juniors puis les jeunes cavaliers.

HA: Comment as-tu géré le passage des poneys vers les chevaux ?

VT: J’ai participé trois fois de suite aux Championnats d’Europe poneys. Cela fait deux ans que je monte à cheval, et auparavant, je ne montais qu’à poney. Je n’ai jamais fait les deux en même temps. Cela s’est plutôt bien passé. Je trouve que le haut niveau poney, ce ne sont plus vraiment les mobylettes que les gens imaginent. Rexte d’Or m’a appris à monter sereinement. Le passage ne m’a posé aucun problème. Trois ans passés sur le même circuit à sauter 1,30m, j’avais vu. Les 1,40m/1,45m me donnaient envie de passer à l’étape suivante. J’ai eu For Jump, mon premier cheval de grand prix, qui m’a permis de passer en trois semaines de 1,30m aux épreuves ranking 1,45m. Avec le recul, je ne pourrais plus sauter les hauteurs que j’ai sautées avec mon poney… je l’ai revu, il est tellement petit, c’est tellement gros ! A cheval, on s’habitue bien. Parfois, j’aimerais bien retrouver le monde des poneys, l’ambiance, les sans faute…

HA: Rextor d’Or, ton ancien poney, marche très fort en ce moment avec un irlandais. Tu as un petit pincement au coeur ?

VT: J’ai disputé mon dernier championnat d’Europe à Malmö. Cela ne s’est pas passé comme ça l’aurait du. Nina Mallevaey l’a repris ensuite car j’avais atteint la limite d’âge. Je l’ai vu au championnat de France et il avait passé un cap. Nina l’a vraiment eu au moment où il s’est enclenché en grand prix. Elle jouait avec au barrage alors que moi je ne pouvais pas encore le faire. Ciaran Nallon le monte à la perfection, je suis ses parcours avec Rexter partout où ils vont, Wierden, Opglaabbeek,… Le poney est tellement malin. Dans les chevaux, on n’a pas les mêmes. Par exemple, je ne sentais pas que Rexter perdait son galop aux abords, mais il est tellement respectueux…franchement, ça me fait plaisir.

HA: Il y a une histoire particulière avec lui ?

VT: Mon père le suit partout, sans doute plus que moi. C’était le poney de la famille, acheté à 7 ans, né près de la maison (chez les Lebrun à St Meloir des Ondes, ndlr), un breton comme moi. Cette année, j’espère qu’il va tout gagner aux Championnats d’Europe !

HA: A cheval, c’est différent ?

VT: Cela demande plus de travail, plus de précision, un travail dans la continuité. Sur les poneys, ça peut passer, le facteur chance entre toujours en jeu. A cheval, il se réduit beaucoup.

HA: Pour ça, Pénélope était la bonne personne ?

VT: L’an dernier, j’ai participé au Grand Prix 2* de St Tropez où je termine sans faute, 8ème. Des gens m’ont fait rencontrer Pénélope et j’ai eu l’opportunité de venir ici en Normandie. Mon père avait vendu ses affaires et nous sommes donc montés à Deauville. Je vais voir Pénélope deux à trois fois par semaine, Duarte (Romao, l’associé de Pénélope, ndlr) vient me faire travailler à la maison et en concours. Cela implique de l’ordre et une méthode de travail. Ce fut dur au début de changer du tout au tout. J’ai découvert sa méthode, et j’adore. Cela correspond vraiment aux chevaux.

HA: Cela ne vous a pas perturbé ?

VT: Au début, je ne savais plus compter (rires). J’avais pris l’habitude de toujours monter d’une façon. Eric, mon ancien coach, m’a donné de bonnes bases. Au fur et à mesure on s’y habitue, on est moins à cheval sur les détails. Tandis qu’avec Pénélope, on doit faire attention aux mains, à la position, au galop. ça m’a pas mal changé. On travaille encore et encore… J’ai commencé la saison en indoor à Deauville, Le Mans, Saint Lô, c’était dur… J’ai vite compris qu’une 1,30m ici, il faut la monter…mais j’adore !

HA: est-ce que tu as changé ton organisation ?

VT: Il n’y a pas vraiment eu de changement pour les concours. Il y a deux semaines, j’étais en concours à St Tropez avec Pénélope. Cela s’est très bien passé. Chacun suit son programme, Duarte et Régis me conseillent aussi lorsqu’elle est sur d’autres CSI.

HA: Et un championnat cette année ?

VT: Je ne sais pas encore si je participe aux Championnats de France Junior. C’est à Auvers, pas très loin. L’an dernier, à Barbaste, ça ne s’était pas top passé. Mais faire un championnat c’est toujours intéressant. Ce n’est pas mon objectif cette année. En tout cas, je ne pense pas être sélectionnée pour les Europe cette année. Je vais sûrement essayer de suivre Pénélope, à Knokke, Chantilly, et Dinard. Par contre, l’an prochain, je vise les jeunes cavaliers. Ça a toujours été mon objectif, car les années junior passent vite, on a à peine le temps de s’y habituer. C’est pire que le poney ! C’est en-dessous d’un grand prix 2* et en jeunes cavaliers, on passe direct au niveau 3*. Il y a un vrai décalage.

HA: Ça ne vous a pas posé problème de quitter St Tropez ?

VT: C’était super, c’est vrai. Mais Fontainebleau est à 12h de route… Tout est loin. Ici c’est idéal pour les chevaux, il fait bon, les concours sont proches – Deauville, Saint Lô,… – Pour travailler, c’est la région qui pousse vers le haut. Quand tu sautes une épreuve de 7 ans à 1,30m ici, tu es prêt pour les Championnats de France. On dit que dans le sud, c’est moins gros. C’est juste que c’est moins technique, et que nous ne sommes pas 80 à faire sans faute dans l’épreuve. Nous sommes 80 au départ et 5 sont sans faute.

HA: Comment s’est passé ce début de saison ?

VT: Aller au Sunshine Tour m’a bien déclenchée. C’était vraiment top ! Ce n’est pas facile, mais pour se mettre avec des chevaux, c’est bien. Les grands prix 3*/4* restent difficiles, et en général, ça prépare bien avant d’attaquer les concours en France. J’étais très contente de partir trois semaines avec Pénélope et Flore (Giraud, amie de Victoria, ndlr). De la voir travailler, de l’observer, de la suivre, cela donne un cadre, une méthode.

HA: Tu passes tout ton temps à cheval ?

VT: Oui, je ne fais que ça. J’ai arrêté avant le bac…je ne suis pas très motivée par les cours. Dans le sud, je séchais l’école pour monter mes chevaux. Aujourd’hui, mon père est derrière moi et ça me motive encore plus.

HA: Il te met la pression…?

VT: Je ne le ressens pas comme ça. On pourrait croire mais pas du tout. Quand on est cavalier, il faut se débarasser de ce genre de truc qui ne sert à rien. Quand je vois les gens se mettre la pression, je leur dis ‘vas-y relâche, respire’. Nos parents veulent nous voir réussir, ils poussent vers le haut. Je pense que j’ai de la chance.

HA: Tu te consacres donc à ta carrière ?

VT: Pour l’instant, j’ai l’opportunité de faire ça, avoir de bons chevaux, Pénélope comme coach. Je ne sais pas ce que me réserve la suite. J’ai tout juste 18 ans, j’ai encore le temps. Peut-être que je reprendrai les études, on ne sait jamais. Cela ne m’a jamais fait peur. Pour avoir ce que l’on veut dans la vie, il faut travailler. J’ai toujours vu mes parents beaucoup travailler pour avoir ce qu’ils ont. Il faudra voir où tout cela débouche. Pour l’instant pas de stress.

HA: Et si tu ne t’étais pas consacrée aux chevaux, qu’est-ce que tu aurais fait ?

VT: Bonne question (rires). Je pense que j’aurais passé mon bac, j’aurais été dans les révisions au lieu d’aller en concours, je serais sûrement allée passer les oraux le jour de mon anniversaire… Après je ne sais pas ce que j’aurais fait. Toute ma famille travaille dans le milieu de l’hôtellerie. Ma grande sœur Louise, qui a monté aussi à poney puis a arrêté, étudie à Lausanne. Mes parents, ma grande sœur ont des restaurants.

HA: Et ça te plairait aussi ?

VT: Je pense que ça pourrait me plaire. Quand on baigne dedans, on aime forcément.

Propos recueillis par Xavier Boudon.

Suggestions

deroubaix

CSI4* Bourg-en-Bresse : la victoire pour Alexis Deroubaix

Rendez-vous incontournable cette semaine avec le très prisé CSI 4* de Bourg-en-Bresse. Les victoires tricolores …