samedi 21 septembre 2019
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Rocuet
© Cécile Cabre

Margaux Rocuet : « Toutes ces expériences ont modifié ma façon d’être »

À 23 ans, la Costarmoricaine a déjà vécu mille et une vies. Sur la plus haute marche des championnats d’Europe alors qu’elle n’avait que 13 ans, elle est aujourd’hui de retour dans les écuries familiales. De Luciana Diniz en passant par Ludger Beerbaum, elle a pu compter sur la confiance d’Édouard de Rotschild pour constituer son piquet de chevaux. Plus à l’écoute aujourd’hui qu’hier, elle offre une vision plus intime de ses rêves, de sa vie de femme et de ce qu’elle aime. Rencontre.

© DK Prod

Comment es-tu venue à l’équitation ?   L’équitation a réellement été le premier grand truc de ma vie. Depuis toute petite j’ai toujours monté à cheval à tel point que cela a aussi été la carotte pour l’école. Il fallait que j’ai de bonnes notes pour pouvoir partir en concours le week-end. Papa était énormément dans le milieu, il tournait avec Hasting, Huppydam des Horts et Gerfault d’Helby, alors que je débutais l’adolescence. Maman était plus portée du côté des études. Pendant les concours je me rendais compte que beaucoup faisaient cela pour le fun quand moi je voulais déjà gagner. À 13-14 ans, nombre de mes copains sortaient le samedi soir quand j’allais plutôt me coucher à 21h pour être en forme le dimanche et tenter de gagner le grand prix. Cela m’a sans doute évité les « conneries » de la jeunesse et puis cela m’a donné les bases d’un sérieux et d’une rigueur. Ce n’est pas une adolescence normale, car je pensais et vivais chevaux. Ta place en équipe de France ?

À 13 ans je suis arrivée chez les children et puis avec les résultats j’ai pu continuer et être sélectionnée chez les juniors et les jeunes cavaliers. À chaque fois cela a été une belle aventure. Je rêve de pouvoir accéder encore à cette équipe même si aujourd’hui les places sont chères.

Est-ce que t’appeler Rocuet a changé quelques choses pour toi ?

C’est 50/50. C’est plus facile pour l’approvisionnement en chevaux. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours, même si le désavantage c’est que nous ne les avons jamais trop gardé. À côté de cela valoriser des chevaux a toujours été enrichissant et je suis ravie d’avoir pu le faire. Mais il faut être réaliste nous n’allons jamais en concours pour faire du concours. Nous avons pour objectif les résultats, gagner des épreuves, c’est aussi une pression supplémentaire qui est très importante. Alors cela a peut-être été plus facile pour certaines choses, mais vraiment pas pour tout.

© DK Prod

La place de ta maman à tes cotés ?

Maman a toujours été la médiatrice entre moi et mon père. Papa a une vision très commerciale, et maman a une vision plus tournée vers l’avenir. C’est toujours avec elle que j’ai traversé la France pour aller en concours. On est parti ensemble aux championnats d’Europe, en coupe des nations. Et puis elle a un franc parler. Ce n’est pas du tout une maman poule, elle me dit au contraire les choses quand il faut.

Un regard sur ton adolescence ?

Je vois bien que tout est différent. Dans mes relations amicales par exemple, je vois bien que je ne gère pas les choses pareil. On peut même dire que parfois je suis un peu « psychorigide », car j’aime être à l’heure, que les choses soient faîtes quand elles sont à faire. Et pourtant j’aurais plutôt un caractère fantasque. Je suis super carrée, mais j’aime aussi ces petits moments de folie.

Dans ta vie de jeune femme ?

Côté cœur ce n’est pas simple on n’est jamais là ! Ce n’est pas facile d’expliquer qu’il faut se coucher tôt pour partir en compétition. Après cela ne m’a jamais empêché d’avoir des relations, même si ces dernières années j’ai plutôt choisi de partir que de m’installer dans une relation stable. Quand on a la chance d’aller chez Luciana où chez Ludger on ne refuse pas et on part, en laissant souvent sa vie de côté.

© A Gilles 2015. Saut Hermes 2015 Lewin 5. Margaux  Rocuet

Comment as-tu vécu ces expériences ?

J’ai vraiment pris le bon chez chacun. J’ai appris différents systèmes de gestion d’écurie, différents systèmes de travail et cela a été très enrichissant. Avant que je parte, on pouvait vite entrer en conflit avec papa. Et puis être partie m’a montré qu’il fallait savoir respecter ce que l’on me disait. Quand Ludger vous dit quelques choses, on ne la ramène pas, on ramasse sa fierté et on accepte la remarque. Je me trouve plus zen, plus modérée et plus respectueuse avec les gens que je côtoie.

Quels sont tes rêves ?

Comme tous je rêve des JO. Aujourd’hui j’espère pouvoir travailler dans cet objectif-là. Il me faut garder un cheval, pouvoir travailler dans le temps. C’est toujours plus simple de gagner une épreuve que de durer à haut niveau. Aujourd’hui j’ai plus de vieux chevaux à monter qu’avant que je parte. Je crois que papa aimerait aussi pouvoir reprendre ce que l’on a fait depuis une vingtaine d’années. C’est un projet à long terme. Aujourd’hui mon poste est aux écuries. Édouard de Rotschild me fait aussi confiance et ce n’est pas n’importe quel homme. Il a fait énormément de choses pour moi autres que d’apporter des chevaux. De par son statut, on parle d’autres choses et cela a été très enrichissant, il y a eu de la bienveillance de sa part.

Des hobbies en dehors du cheval ?

J’essaye d’aller au cinéma une fois par semaine. J’étais très sportive à la base, j’aime beaucoup des sports qui sortent de l’ordinaire : le ski, le kite surf, et je ne me prive pas d’en faire.

© DK Prod

Si tu étais…

  • …Un gâteau ? Une tarte au citron ! J’adore le mélange entre la meringue et le citron.
  • Un animal ? Un lion, un lion sauvage ! Le roi des animaux ça me va bien et être dans la savane.
  • Te transporter dans un autre pays ? Je crois que j’irais au soleil dans une ile paradisiaque.
  • Si tu pouvais changer une chose dans ta vie ? Ça c’est compliqué… j’aurais peut-être essayé de bosser un peu plus mes études supérieures. Parfois je me dis que j’aurais dû…
  • Si tu avais une baguette magique ? L’idée est peut-être un peu bateau, mais je n’aime pas voir des gens malheureux et je suis prête à donner ma chemise. Donc si j’avais cette possibilité-là je voudrais pouvoir éviter la pauvreté et aider les autres.

Propos recueillis par Damien Kilani pour Horse-Actu.fr.

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