jeudi 21 novembre 2019
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© DK Prod Damien Kilani

Nicolas Touzaint : « Je vibre toujours pour l’équipe de France »

A bientôt 37 ans, l’Angevin est installé depuis son plus jeune âge au haras de la Poissardière à Saint Clément de la Place, au coeur de l’Anjou. Né dans le milieu du complet, celui qui reste encore le plus jeune champion d’Europe de l’histoire sur Galan de Sauvagère est entré dans une nouvelle olympiade. L’occasion pour Horse-Actu.fr de le rencontrer.

Horse-actu.fr : Combien de personnes travaillent autour de toi ?

Nicolas Touzaint : Aujourd’hui nous sommes huit en tout avec mon père. Nous disposons d’une quarantaine de chevaux, de propriétaires et d’un élevage de chevaux de course. Je suis soutenu par des partenaires fidèles et par des propriétaires qui aujourd’hui encore peuvent investir dans de nouveaux chevaux.

© Alleaume Gilles. Le Grand Complet. Nicolas TOUZAINT & Top Sercret D’EGLEFIN.

HA : Y-a-t-il toujours autant d’engouement autour de toi ?

NT : Je n’y fais pas trop attention, je suis dans une transition en termes d’âge. C’est une période particulière, mais que je vis bien. Les plus jeunes peuvent effectivement regarder dans ma direction. Moi cela fait 15 ans que je fais cela. J’ai fait tout cela d’abord pour moi, mais que cela inspire et que je puisse transmettre aux autres est positif, tant mieux si j’y parviens.

HA : Comment as-tu vécu tes Jeux Olympiques ?

© A. Gilles 2016 Vegas de l’Elfe

NT : Je les ai particulièrement bien vécus, car deux ou trois mois avant je ne pensais même pas être dans l’avion. J’étais plutôt 6 ou 7 et je n’ai pas pris cela comme une sanction de ne pas être dans les 4 mais plutôt comme une chance d’être là-bas. Je suis encore aujourd’hui ravi d’avoir vécu une nouvelle Olympiade, car c’était pour moi déjà la cinquième. J’ai tout connu sur les JO, des galères, des succès, et je n’avais jamais été remplaçant. Maintenant c’est fait. J’aurais bien sûr préféré concourir, mais être un cavalier d’expérience dans ce rôle de numéro 5 était important aussi. C’est une expérience différente et j’espère bien être au départ dans 4 ans à Tokyo.

HA : Encore combien d’olympiades peux-tu faire ?

NT : Je ne me projette pas si loin. Avant 28, 32, 36 ans c’était normal. Là c’est vrai que l’on peut commencer à y réfléchir, mais je ne suis pas le plus « vieux » (rires) j’aurai 40 ans à Tokyo, j’ai l’envie et les gens derrière moi, je ne me pose pas la question. Si les Jeux sont à Paris en 2024, évidemment que je repartirai peut-être pour la dernière, mais on n’y est pas encore.

HA : comment construis-tu les olympiades à venir ?

NT : Cela fait deux ans que je remets des chevaux en route. Aujourd’hui j’ai trois chevaux de 8 ans (Eboli, Caretinhus, CBalou de Lignière Z), un de 9 (Debby) et un de 10 ans (Top Secret). Les 8 ans arrivent juste sur les CIC2*. Il faudra être patient. Et puis j’ai Crocket 30, qui est en pleine maturité et on peut considérer qu’il sera concerné par les championnats d’Europe cette année. En tout état de cause je pense que j’ai encore une saison à patienter pour les former, mais à partir de 2018 je peux avoir 3 ou 4 chevaux de niveau 3*. Je suis soutenu aussi par des propriétaires qui sont prêts encore à investir. C’est donc une olympiade riche qui m’attend. Aujourd’hui j’ai l’envie, les propriétaires et les sponsors qui sont présents il y a donc plein d’espoir dans ces 4 prochaines années.

© A. Gilles 2016. Crocket 30

HA : Quel regard poses-tu sur les cavaliers d’avenir ?

NT : Il y a beaucoup de jeunes cavaliers en formation, mais c’est difficile de percer à haut niveau. Il y a du monde qui frappe à la porte, et avoir le bon cheval pour aller glaner des places au meilleur niveau mondial est compliqué. Pour moi c’est aussi quelque chose de motivant et passionnant.

HA : As-tu une passion en dehors du complet ?

NT : Je suis passionné de chevaux de course d’obstacles. Dès que j’ai un dimanche de libre, j’essaye d’aller sur les champs de courses. On fait aussi un peu d’élevage avec mon père. Je suis très excité par ce milieu, cela reste des chevaux, mais les courses c’est un loisir. J’aime aussi être entre copains, et partir en vacances… Je suis encore jeune c’est maintenant qu’il faut participer à des compétitions, dans 4 ou 8 ans si les jeux sont à Paris je reconsidérerai sans doute les choses, j’ai le temps pour faire autre chose plus tard. Tant que mon physique et l’envie sont là.

HA : A quoi rêve Nicolas aujourd’hui ?

© F.Leroy 2016. Carethinhus

NT : Il rêve de … (il prend son temps, puis réponds, ndlr). C’est motivant d’avoir des jeunes cavaliers qui ont rejoint l’équipe de France. Je n’ai pas tout vécu, mais être au cœur de cette transition est stimulant. Je ne suis plus un jeune et pas encore un vieux. Aujourd’hui l’équipe de France est toujours quelque chose qui me fait vibrer, et puis il y a quelques épreuves auxquelles je n’ai jamais participé et qui me tiendraient à cœur de courir et de tenter de remporter. J’en rêve depuis que je suis tout petit. Les jeux mondiaux sont aussi un objectif, car je n’ai jamais eu de médaille sur ce type d’épreuve. Et puis il y a Tokyo. Alors de quoi je rêve ? De bons chevaux, de belles aventures, car c’est toujours des chevaux différents, des propriétaires différents. L’Event Riders Masters* est aussi motivant, un circuit de 3* à travers le monde c’est exaltant.

HA : Courir pour le plaisir ou pour en vivre…?

NT : D’un autre côté, monter, c’est aussi mon métier. Ce n’est pas parce que j’ai fait beaucoup de chose que je dois ralentir. Comme tous les cavaliers je dois gagner ma vie, donc si en même temps je peux me faire plaisir, c’est parfait. Mes envies c’est aussi ça.

Propos recueillis par Damien Kilani.

* Event Riders Masters : l’ERM est un circuit d’épreuves de concours complet de forme CIC3* créé en Grande-Bretagne et repensé pour à la fois faciliter sa médiatisation (format court, déroulement sur deux jours, système de classement général, important dispositif de communication) et favoriser la participation des meilleurs cavaliers mondiaux à chaque étape (par le format sportif et surtout la dotation supérieure aux épreuves équivalentes). Thomas Carlile et Astier Nicolas ont notamment animé l’édition 2016. LIRE ICI

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