vendredi 22 novembre 2019
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Pauline van Landeghem et Liaison*ENE HN défendront les couleurs de l'équipe de France au CDIO de Compiègne (photo: Les Garennes / IFCE)

Pauline Van Landeghem: « Faire bien pour l’équipe ! »

Elle aurait pu être professeure d’EPS, ou encore monitrice dans le centre équestre familial à Pacé en Ile et Vilaine. Écuyère du Cadre Noir elle était pourtant entrée en section jumping à l’ENE, avant de faire le choix de sa famille, et de rejoindre l’équipe de dressage. Membre de la famille des écuyers, formatrice, cavalière de dressage, elle intègre aujourd’hui les vestes bleues de l’équipe de France de dressage dès ce week-end à Compiègne pour le CDIO5*. Rencontre à quelques heures du départ.

Horse-Actu.fr : Comment avez-vous commencé l’équitation ?

Pauline Van Landeghem : Mes parents tiennent un poney-club en Bretagne, du côté de Pacé au nord de Rennes. C’est une structure familiale qui a été reprise par mon petit frère, mais au départ je ne me destinais pas à être cavalière. Petite je voulais reprendre le poney-club et mes parents m’en ont dissuadé. Je suis donc partie à la Fac de Sport en UFR Staps. Arrivée à l’IUFM, je me suis dit que je ne voulais pas être dans un gymnase toute ma vie. J’ai donc passé mon BE1 puis deux ans après mon BE2 à Saumur.

H.A. : Comment êtes vous entrée au cadre ?

P.VL. : A la fin de mon BE 2 j’ai eu la chance qu’il y ait un concours d’entrée pour l’ENE. Cela a été une chance et je suis entrée à l’ENE en tant que cavalière d’obstacle. J’ai intégré l’écurie d’obstacle et pas du tout celle de dressage.

H.A. : Mais comment êtes vous passée au dressage ?

P.VL. : J’ai bifurqué dans l’écurie de dressage entre mes deux grossesses. J’ai eu un premier petit garçon, et si vous n’êtes pas en concours tous les week-ends avec trois chevaux on n’est pas très performant. Je faisais du dressage déjà avec le Cadre Noir et j’ai voulu rejoindre l’écurie du Cadre. D’abord pour passer plus de temps au Cadre et ensuite plus de week-ends avec mes enfants. J’ai eu la chance de pouvoir récupérer Liaison*ENE-HN et cela m’a permis d’y rester. Cela a été une chance et surtout un choix avant tout.

H.A. : Comment avez-vous travaillé avec Liaison ?

P.VL. : Liaison était sous la selle de Fabien Godelle auparavant et c’est lui qui lui a tout appris. Liaison était un peu compliqué au départ, et petit à petit j’apprends à ce qu’il me fasse confiance, et qu’il soit de plus en plus disponible sur les rectangles. Nous savons tous que c’est un très bon cheval, qu’il est très volontaire et en étant de plus en plus en confiance il est de mieux en mieux en piste.

H.A. : Le travail à la maison ?

P.VL. : Ce n’est pas tous les jours du rectangle de dressage bien au contraire. Je le travaille beaucoup à l’extérieur, sur les 50 km de piste à l’ENE et finalement peu en carrière. Cela semble être la bonne solution pour un cheval qui a déjà 17 ans. Au début nous faisions pas mal de Gala (solo, pas de trois, reprise de manège) et cela a été très positif pour lui d’entrer avec d’autres chevaux. Les galas sont plus contraignants pour les chevaux et cela m’a facilité le travail en piste.

H.A. : Comment avez-vous appris la nouvelle de votre sélection pour le CDIO de Compiègne ?

P.VL. : Je l’ai appris lundi, la DTN Emmanuelle Schramm m’a appelé pour me dire que le cheval de Karen était blessé et me proposer d’entrer dans l’équipe. Je crois que cela ne se refuse pas, surtout avec liaison qui a 17 ans. C’est maintenant ou jamais.

H.A. : Était-ce un rêve ?

P.VL. : Oui c’était un objectif. Je n’y pensais pas forcément cette année. Le cheval allait bien l’année dernière où il a fait une bonne saison. L’idée était de refaire très bien le Grand National, et de bien se positionner en internationaux. On y pensait, mais aujourd’hui c’est une belle réussite après sa deuxième place à Jardy. Après le Grand National, les CDI étaient le prochain objectif.

H.A. : L’objectif dans cette équipe de France ?

P.VL. : Refaire les perfs que je réalise déjà en France. Sortir de piste sans faire de faute avec un cheval disponible et bien serein. En termes de performance c’est la première fois que je fais ce niveau-là alors peut-être qu’il ne faut pas espérer être dans les meilleurs, mais déjà servir l’équipe et être dans mes performances des dernières semaines seraient très bien. Pour une même performance en France où à l’étranger il peut y avoir une vraie différence de notation.

H.A. : La suite de Liaison ?

P.VL. : J’ai un 7 ans auquel je crois, qui n’est pas trop sorti parce qu’il était tardif, mais je crois en lui oui, je pense que c’est un très bon cheval (Sertorius de Rima Z*ENE-HN, ndlr)

H.A. : C’est quoi la vie au Cadre Noir ?

P.VL. : On monte tous les jours à cheval. J’ai un piquet de sept chevaux, qui ne sont pas tous des chevaux de gala, mais aussi des chevaux en formation. Les meilleurs peuvent partir sur la compétition ou faire les deux. J’ai trois missions à l’ENE qui sont la compétition, le Cadre Noir et la Formation. Je suis coordinateur d’une formation et j’ai des élèves en dressage.

H.A. : Revenez-vous en Bretagne ?

P.VL. : J’essaye de revenir c’est important pour moi de retourner dans ma famille.

H.A. : Y-a-t-il une pression particulière sur ce CDIO ?

P.VL. : Oui, quand même un petit peu. On ne joue pas pour soi on joue aussi pour les copains. On veut faire bien pour l’équipe plus que pour soi. Je ne suis pas encore sur le concours, mais il faut penser à l’équipe.

H.A. : Des messages de félicitations depuis lundi ?

P.VL. : Au sein du Cadre beaucoup, les gens sont contents, c’est vrai qu’au cadre, les écuyers, c’est une équipe qui aime être solidaire. Nous sommes contents lorsque l’on voit des « tuniques » bien marcher et en dressage nous sommes très solidaires.

H.A. : Le rêve de Pauline aujourd’hui ?

P.VL. : C’est participer aux J.O. Ce n’est pas un rêve qui est là depuis lundi, mais oui le rêve c’est les J.O.

H.A. : La famille vous suit ?

P.VL. : Non avec Matthieu, mon mari on se croise beaucoup puisque lui part sur le Grand National de Complet. C’est bien pour les enfants et pour le moment nous avons eu la chance de très peu partir en compétition en même temps.

H.A. : Les enfants en pensent quoi ?

P.VL. : Ils ne sont pas forcément attirés par les chevaux. Ils sont contents quand on ramène des flots, mais voilà pour le moment ce n’est pas leur passion et on ne les pousse pas.

Portrait chinois

Une sucrerie ? Une bêtise de Cambrai.

Une série TV, un livre ? Oh non je ne suis pas télé du tout, en lecture Kent Follett.

Un style de musique ? Je suis assez chauvine, je suis assez musique française.

Propos recueillis par Damien Kilani.

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