vendredi 15 novembre 2019
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Seringat, de la Manche à Ocala, encore un SF au top ! (© ESI / HITS)

Seringat, le parfum du succès

Le week-end dernier, un cheval français – oui, encore un ! – a permis au médaillé de bronze olympique Cian O’Connor de signer un double sans faute dans la Coupe des Nations et de remporter le Grand Prix du CSIO4* d’Ocala (USA). Depuis ses vertes pâtures manchoises jusqu’au sable de Floride, le Selle Français Seringat a parcouru des milliers de kilomètres, et usé quelques culottes. Retour sur le long parcours d’un autre normand devenu grand en compagnie de celle qui le monta durant 3 ans, Claire Taja.

Seringat. Quel nom poétique ! Vous savez, ce petit arbuste rustique à fleurs blanches si délicatement parfumées. Figurez-vous qu’un éleveur – sans nul doute à la main verte – a eu la bonne idée de nommer l’un de ses poulains Seringat. Le Comte Christian de Pourtales fit en effet naître cet alezan en 2006, de l’union du national Chef Rouge (à l’époque stationné aux Pieux, à 15km de là) et d’une mère près du sang, Diane du Bois (Guillaume Tell x Jasmin). Débuté à 4 ans par Harmonie Thiennette sur le circuit SHF, Seringat participa à la finale de Fontainebleau sous la selle de Stéphane Dufour. Il reprit les concours début 2011 avec Valérie Aizen Landier avant de retrouver Stéphane le temps de deux week-ends puis de rejoindre le piquet de Paul Meslin avec qui le termine 3e de la petite finale de Fontainebleau. Pour son année de 6 ans, Paul Miran et Gina Duchmann alternent sur son dos, avant de laisser les rênes en septembre 2012 à la manchoise Claire Taja qui nous parle de son ancien protégé.

Durant 3 ans, Claire Taja, dont la tante Laurence tient l’Etrier Cherbourgeois, eut le privilège de monter Seringat. « Le cheval est arrivé avec son cavalier amateur qui l’avait acheté pour courir en amateur 1,10m/1,20m. Dans le physique, le cheval était un peu raide, et l’entente ne s’est pas faite. Il a voulu le vendre et c’est ainsi que j’ai commencé à le monter. J’ai tout de suite senti que je n’avais jamais monté un cheval avec de tels moyens. J’ai commencé sur 1,10m, puis 1,20m, 1,30m…pour finir à 1,50m. Son cavalier pouvait parfois le laisser une semaine au box puis le reprendre. Il disait alors ‘je ne comprends pas, mon cheval est fou !’. En effet, il finissait par avoir peur de l’homme alors qu’en arrivant, il était génial. J’ai dû le remettre en confiance, prendre mon temps, l’emmener à la plage galoper la tête par terre, l’inciter à banaliser l’obstacle avec des barres au sol. C’était plus un travail de fond que technique.

Puis, à chaque changement de niveau, il a répondu présent. Je ne sentais pas la différence entre sauter une 1m ou une 1,30m. J’ai donc décidé de disputer de plus grosses épreuves car je me suis dit que c’est comme ça qu’il attirerait l’attention d’acheteurs. Je n’avais rien à perdre. La 3e année, je l’ai engagé dans une 1,45m à Saint-Lô, puis au Grand National de Deauville dans la 1,45m le samedi et la 1,50m le dimanche. C’est là que Duarte (Romao, que Claire connut lors d’un séjour à la Bosquetterie, ndlr) me l’a demandé. Pénélope l’a essayé tout de suite. Puis lors du CSI3* de Saint-Lô, j’ai fait le premier jour et nous avons sorti le cheval du concours, fait la visite sur place et ils l’ont emmené. Je savais qu’il avait tous les moyens et que s’il allait dans une bonne maison, il serait impossible à arrêter. Il a un mental de guerrier et est très respectueux. Il lui manquait juste de la souplesse et un peu de confiance en l’homme.« 

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